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A la recherche du temps perdu

JCN vous regarde

Histoire de faire le twit sur Internet, le programme informatique (sans doute d'origine extra-terrestre) qui dirige la rédaction de gonzolation.com a beaucoup insisté pour qu'il y ait un blog fluide et captivant sur ce site épatant, afin de conquérir – projette-t-il, la tranche tant convoitée des célibataires sybarites de moins de 50 ans.

J'aurais déjà du pondre une bricole il y a deux jours, mais j'avais super mal au ventre.

Hier, j'ai tenté de me faire passer pour mort, mais je m'étais en réalité caché dans ma voiture pour manger du pain en écoutant les Brian Jonestown Massacre.

A l'heure où j'écris ces lignes, un homme en costume noir me pointe une arme de type 11 mm sur la tempe. Et je sens qu'il va falloir la jouer serrée, d'autant qu'on m'a bien fait comprendre qu'à la première faute d'orthographe, de syntaxe ou de mauvais goût, ce récit pourrait bien prendre fin brusquement et dans un horrible bain de sang – ce dont je vous prie de bien vouloir m'excuser platement par avance le cas échéant...
 

Flip parano
Mon sang a toujours été trop épais pour le travail...



Pas plus tard qu'aujourd'hui, gonflé à bloc avant de partir au journal pour écrire ce foutu papier, j'allais me chercher comme tous les matins un jus d'orange plein de bonnes vitamines dans la cuisine, lorsque je découvris avec effroi que quelqu'un s'était introduit chez moi pendant la nuit – comme une ombre, pour foutre un bordel monstre et éparpiller mon linge sale aux quatre vents, boire mes meilleures bouteilles de vin, et même pousser l'affront jusqu'à pisser dans mon putain de frigo américain.

Alors le bordel, je suis habitué. Des enfoirés et des fils de putes, je dirais même que j'en ai vu pas mal passer du côté de chez moi ces derniers mois... Mais de là à pisser dans le frigo d'un bon samaritain comme moi
qui paie ses impôts et tout ça... j'ai quand même trouvé que ça dépassait peut-être un peu les lois de l'entendement, sur le moment.

Je ne me rappelais certes pas précisément de ce que j'avais bien pu faire la veille au soir, mais nul doute que je me serais rappelé avoir fait un truc aussi crado que de pisser dans mon propre frigo...

On avait là à n'en point douter affaire à une sorte de pervers ; un névropathe de type cyclique qui comble de l'horreur, courrait toujours dans les rues de la ville probablement coiffé comme un pétard et nu comme un ver – préparant sans doute déjà son prochain méfait à l'ombre d'un cognassier dans le jardin d'une honnête ménagère de province – prêt à bondir dans sa kitchenette dès qu'elle aura le dos tourné pour compisser son réfrigérateur d'un rire sardonique et vengeur... Qui sait d'ailleurs de quel autre horreur électroménagère serait capable ce rejeton diabolique de la société si les autorités ne parvenaient pas à lui mettre le grappin dessus rapidement ? Cette simple idée me glaça le palpitant...

Pour sûr qu'il allait y avoir une putain d'enquête... et pas une de ces enquêtes de sympathie à 50 000 malheureux dollars comme pour le 11 septembre. Non, une véritable enquête d'investigation avec d'authentiques pigistes du Dauphiné Libéré, du suspense – effets spéciaux et tout le tintouin, avec aussi un procès bien sûr, à la fin.

 

Powell à l`ONU
On l'a trouvé dans la poche de Saddam ; la tête de ma mère !

 

Je ne suis certes pas ce qu'on pourrait appeler un maniaque de la propreté, je sais aussi que vous qui lisez ces lignes, êtes certainement un(e) sorte de gros(se) dégueulasse qui chie sur la lunette des chiottes ou qui ne se lave pas les dents après avoir vomi du fromage de chèvre.... Mais de la pisse dans un frigo, même vous, serez sans doute d'accord pour dire que ça avait autant sa place qu'une moustache de Viking sur une belle paire de nichons.

Tout ce merdier allait par ailleurs certainement attirer un essaim d'abeilles tueuses nihilistes, voire une bande de fourmis mexicaines nomades et belligérantes – qui comme vous le savez sans doute, sont extrêmement friandes de tout ce qui se trouve être un peu dégueulasse...

Je ne pouvais décemment pas laisser tout ce fatras en l'état et me suis donc immédiatement mis en charge de tout nettoyer, et tant pis pour l'enquête, les preuves, le lieu du crime, l'autopsie des cornichons et toutes ces conneries...

Et je ne sais pas si vous étiez au courant
moi par exemple, je ne le savais pas ; mais pour nettoyer un frigo, il faut prévoir au minimum toute une journée de boulot (en travaillant vite et sans prendre de pause déjeuner, s'entend)...

Parce que la pisse, c'était une chose... mais en l'examinant de plus près, j'ai soudain pris conscience que mon frigo avait potentiellement exposé quiconque s'en était approché de près ou de loin ces dernières années à des risques sanitaires de force 4 – ou au moins à une vilaine gastro de celles qu'on attrape habituellement dans des pays comme le Congo.

Ce qui avait du être autrefois un pot de confiture d'abricots à en croire l'étiquette, abritait désormais une forme de vie microscopique – malgré tout suffisamment évoluée pour avoir développé des secteurs porteurs et non moins très prometteurs tels que l'administration fascisante, la philosophie quantique et la fission nucléaire. Leur représentant – un homme par ailleurs tout à fait charmant, m'expliqua dans un vieux français jugé châtié que son peuple exigeait simplement qu'on lui fournisse un bocal plus grand – faute de quoi ils feraient sauter entièrement mon appartement...

Je vous passe les détails techniques car quelques animaux sauvages avaient également élu domicile dans mon frigidaire : une jeune couvée d'oisillons glabres et faméliques (pour qui je m'empressais de construire une cage avec des barreaux en spaghetti), un ours pesteux et querelleur qui opéra finalement une retraite dans ma salle de bain
où je décidais de le garder prisonnier le temps de lui préparer un vaccin... ainsi qu'un singe vert farceur et libidineux, qui me frappa d'abord au visage en surgissant de sa tanière, puis qui tenta de me violer sans préservatif avant d'entreprendre de mettre le feu à mes rideaux à l'aide d'une boîte d'allumettes que seul un inconscient avait pu mettre dans des mains aussi expertes.
 

Un singe en vert
J'aurais sans doute préféré des chauve-souris...

 

J'ai eu la chance d'être pompier sous Néron et le début d'incendie fut donc rapidement maitrisé, ma blessure au visage n'était que superficielle, je me remettrais sans doute de cette tentative de viol avec le temps, mais faire partir ce primate dépravé de mon domicile constitua en revanche un bras de fer psychologique de longue haleine. Même après avoir sympathisé avec lui autour de quelques margaritas, l'odieux macaque ne voulut toujours pas me communiquer son véritable patronyme, et je fus finalement contraint de lui signer un chèque de 9 dollars libellé à l'ordre du porteur avant qu'il accepte enfin de partir de chez moi pour tenter de se refaire ailleurs...


Au fond de mon réfrigérateur, il y a avait également un gros type aux cheveux ras. J'avais d'abord pensé que c'était Marlon Brando, mais il s'agissait en réalité du nom moins célèbre Jimmy Hoffa.

Je n'arrivais pas à croire que ce vieux salaud se cachait dans mon propre frigo alors que ça devait bien faire une cinquante d'années qu'il me devait 50 euros... et avec les intérêts, croyez bien que ça aller chercher gros...

 

Desert parano
Si on me demande, vous direz que vous m'avez pas vu...



L'homme qui pointait une arme sur moi semble s'être assoupi alors je crois que je vais y aller, merci.

En vous souhaitant une joyeuse fin après-midi...



Fin de la transmission...
 

L'abbé Decker






Dans la même veine :

2. Les liaisons dangereuses

3. La nuit des temps

4. Le meilleur des mondes






Commentaire de IgorO / le 14/06/2010
Quelle angoisse ce singe vert

Commentaire de Bernard LePiaf / le 22/03/2011
Un pur regal.


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